Le rapport annuel 2022 du Panel Suisse LGBTIQ+ est désormais en ligne

En 2022, nous avons mené la 4ème enquête du Panel Suisse LGBTIQ+ pour en savoir plus sur les expériences des personnes LGBTIQ+ en Suisse. Au total, plus de 3’400 personnes ont participé à notre enquête. Nous tenons à vous remercier à nouveau pour votre soutien !
Vous trouverez également ci-dessous un résumé des résultats les plus importants.

Cliquez à droite pour accéder à notre rapport 2022.

Résultats de la 4ème enquête du Panel Suisse LGBTIQ+

L’année 2022 a vu la mise en œuvre d’importants changements juridiques en faveur des individus LGBTIQ+ en Suisse. Mariage pour tou·te·x·s, accès à l’adoption conjointe et à l’insémination artificielle, facilitation de la procédure de changement du marqueur de genre… Comment ces évolutions affectent-elles les personnes LGBTIQ+ ? Qu’en est-il de leur bien-être et de leurs expériences de soutien et de discrimination ? Dans quelle mesure se sentent-elles acceptées dans différents contextes ? Autant de questions auxquelles le 4ème volet du Panel Suisse LGBTIQ+ apporte des réponses, grâce aux données collectées auprès de plus de 3’400 personnes.

Campagne autour du mariage pour tou·te·x·s : impacts ambivalents sur le bien-être

En 2022, les individus LGBTIQ+ ont été exposés aux campagnes autour du mariage pour tou·te·x·s via de nombreux canaux (affiches, médias sociaux, conversations). Invitées à préciser de quelle manière ces campagnes les ont affectées, 77,6 % des personnes LGBTIQ+ ont fait part d’un impact négatif de la campagne contre le mariage pour tou·te·x·s sur leur bien-être ; 69,2% d’entre elles d’un impact positif de la campagne en faveur sur leur bien-être. La campagne en faveur du mariage a ainsi pu représenter un tampon protégeant les personnes LGBTIQ+ des effets négatifs de la campagne contre.

Les membres de la communauté LGBTIQ+ se sont engagé·e·x·s dans de multiples actions de soutien au mariage pour tou·te·x·s ; en encourageant leur entourage à voter oui (87,3 % des participant·e·x·s), en installant des drapeaux (70,2 %) ou encore en publiant des messages sur les médias sociaux (58,7 %). Des engagements qui n’ont toutefois pas été exempts de discriminations ; une personne sur cinq ayant déclaré avoir subi des violences verbales dans le cadre de sa participation active à la campagne.  

Discriminations présentes ; coming-out avec précaution

À l’instar des constats tirés des vagues précédentes de l’enquête, les personnes LGBTIQ+ ont été victimes de plusieurs formes de discrimination en 2022. Si l’exposition à des blagues ainsi qu’à des regards insistants dans les espaces publics a été très fréquente à la fois pour les membres des minorités sexuelles et de genre, ces derniers ont subi beaucoup plus de discriminations. En particulier, 76,3 % des participant·e·x·s des minorités de genre ont dénoncé des discriminations structurelles (difficultés à changer les marqueurs de genre, absence d’une troisième option de marqueur de genre).

Quant au coming out, il s’agit d’un processus encore entouré de précaution. Un constat illustré par le fait que plus de 28,3 % des membres de minorités sexuelles et respectivement de 38,1 % des membres de minorités de genre n’ont pas fait leur coming out au sein de leur famille.

Ecole, uni et lieu de travail : des milieux où la pleine acceptation fait encore défaut

Les contextes éducatifs et professionnels ayant été identifiés en tant que sources de discrimination dans les éditions précédentes du Panel, l’enquête 2022 a accordé une attention toute particulière au vécu des participant·e·x·s dans ces sphères. Les données indiquent que les personnes LGBTIQ+ ne s’y sentent pas pleinement acceptées : le sentiment de « pouvoir être soi-même » ainsi que de « sentir à sa place » est beaucoup plus faible pour elles que pour les individus cis-hétérosexuels. Un écart –particulièrement marqué chez les membres de minorités de genre – susceptible d’avoir des répercussions sur les expériences, les performances et le sentiment d’appartenance des individus LGBTIQ+ dans ces contextes. D’autant plus que de nombreu·se·x participant·e·x·s ont déclaré ne pas savoir où chercher de l’aide en cas de discriminations (une réalité évidente dans le contexte éducatif, où moins de la moitié des participant·e·x·s des minorités sexuelles – 44,8 % – et de minorités de genre – 44,4 % – savaient où trouver du soutien).

Quelles orientations pour l’avenir ?

Malgré les récentes améliorations juridiques, le constat est clair : les membres des minorités sexuelles et de genre en Suisse font toujours face à des défis uniques et des inégalités, subissent de la discrimination et ne se sentent pas pleinement accepté·e·x·s.

Comment promouvoir le bien-être et l’intégration des individus LGBTIQ+ à l’avenir ? Si tou·te·x·s les participant·e·x·s s’accordent sur l’importance de ne pas seulement réduire la discrimination, mais également d’accroître l’acceptation des personnes LGBTIQ+ et l’éducation sur les questions LGBTIQ+, des besoins et défis spécifiques aux différents sous-groupes émergent. Les membres de minorités de genre – confronté·e·x·s à des inégalités spécifiques qui les rendent un groupe particulièrement vulnérable au sein de la communauté – se concentrent sur l’amélioration des droits des personnes trans, non binaires et intersexes. Les membres de minorités sexuelles évoquent, quant à eux, davantage de questions liées aux droits reproductifs / au planning familial.

Qu’est-ce que le Panel Suisse LGBTIQ+ ?

Le Panel Suisse LGBTIQ+ est dirigé par Dr. Léïla Eisner (Université de Princeton et Université de Zurich) et Dr. Tabea Hässler (Université de Zurich). Il s’agit d’une étude longitudinale évaluant la situation des personnes LGBTIQ+ (lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, intersexes et queer) en Suisse depuis 2019 de manière annuelle (2019, 2020 et 2021). En 2022, 2’500 individus LGBTIQ + et 900 personnes cis-hétérosexuelles (c’est-à-dire des personnes hétérosexuelles dont l’identité de genre correspond à leur sexe assigné à la naissance) ont rempli l’enquête.

The logo of the swiss LGBTIQ+ Panel

L’objectif du Panel Suisse LGBTIQ + est d’étendre notre compréhension de la manière dont les personnes LGBTIQ+ se sentent intégrées dans la société suisse et de comment leur situation change au fil du temps.

Suivre les personnes au fil du temps est important car nous en savons très peu sur la manière dont les opinions et les niveaux de bien-être des individus peuvent changer en réponse à l’actualité de la société (p.ex., extension de la loi anti-discrimination, légalisation du mariage pour les couples de même sexe).

Nous pensons que les informations récoltées via le Panel Suisse LGBTIQ+ ont des implications pratiques importants pour les personnes LGBTIQ+ et cis-hétérosexuelles, les personnes dans le contexte éducatif, les organisations à but non lucratif, les praticien.ne.x.s et les décideurs politiques souhaitant promouvoir la santé et l’intégration des personnes LGBTIQ+.